L’appartenance du théologien à l’institution

Qu’elle s’exprime au sein d’institutions universitaires sous juridiction ecclésiastique ou dans un jeu relationnel complexe entre pouvoirs facultaires de l’université d’État et pouvoirs ecclésiastiques de nomination et de contrôle, l’appartenance du théologien à l’institution doit être abordée aujourd’hui sur deux terrains différents, intrinsèquement liés entre eux et en tension. L’article entre dans cette configuration par la théologie en s’interrogeant d’abord sur la mutation contemporaine de l’institutionnalité ecclésiale et sa répercussion sur le positionnement institutionnel du théologien et de la théologienne. Abordée en un deuxième temps, leur appartenance à l’institution universitaire, leur pose la question de savoir pour quelles raisons théologiques ils doivent laisser la place à une pluralité de savoirs, parmi eux les sciences sociales, et entrer en apprentissage par rapport à elles. C’est cette double « formalité » ou « appartenance » institutionnelle, difficile à réaliser en raison de la complexité « transdisciplinaire » qui en résulte et de la diversification culturelle et confessionnelle de ses configurations, qui conduira à situer le charisme du théologien et de la

« Rares sont ceux qui voudraient le croire » : hiérarchie et proximité de Dieu selon saint Bonaventure

Comment Bonaventure peut-il soutenir sans contradiction la nécessité de médiations (hiérarchies, itinéraire) entre Dieu et l’âme humaine, et la possibilité d’une expérience immédiate de Dieu ? Faut-il y voir une tension entre le ministre général réputé autoritaire et le mystique avide de goûter la présence de Dieu ? Loin de cette caricature, l’examen de sa conception de l’Ordre et de sa doctrine des sens spirituels révèle qu’à ses yeux les médiations n’ont de sens qu’à reconduire l’homme vers l’expérience de la présence de Dieu dans leur vie.

Instituer l’ininstituable

La crise des abus sexuels commis par des clercs interroge la cohérence de la théologie catholique des ministères et le risque d’épuisement institutionnel des dons de l’Esprit saint. Le pôle charismatique n’est pas extérieur à l’institution mais il est un rappel intérieur de sa propre vocation et nul ne devrait pouvoir s’en arroger la propriété ni prétendre en épuiser l’infinie diversité. Pour envisager la place des ministères pastoraux dans la communauté, il convient de tenir un paradoxe : ce qui édifie l’autorité dans l’Église est en même temps ce qui la corrige et la décentre d’elle-même. La constitution eschatologique de l’Église implique pour l’autorité une non-disponibilité radicale à la fois de son fondement et de son objet. Une telle perspective vient corriger tout régime d’eschatologie réalisée qui ne prendrait pas en charge l’historicité du rapport de l’Église à son essence.

La force de la « collégialité » aux conférences du Celam : une route historique et théologique lors de la conférence de Medellín (1968)

L’Église avance en fonction des défis de chaque époque comme le montrent les Conférences épiscopales. Par-delà cette histoire, la présente contribution cherche à relever comment la collégialité épiscopale est une manière d’être Église et comment, pour le cas de l’Amérique Latine, elle est l’expression de la synodalité de l’Église traduisant le désir commun d’être peuple de Dieu. La conférence de Medellin a amplifié cet exercice de la synodalité, amenant l’Église de ce continent à ne plus se voir comme « Église-reflet » des autres Églises mais comme « Église-source ». Cette manière de travailler montre qu’il est possible que l’institution soit au service de la société et non d’elle-même.