Quand l’Église propose la liturgie comme une action du « corps du Christ »…

La Liturgie après Vatican II : quelles fidélités créatrices ? Quand l’Église propose la liturgie comme une action du « corps du Christ » dans un acte public de culte, elle adresse une formidable question à la culture moderne. Cette dernière connaît en effet de nombreux rites que les sciences humaines ont largement analysés selon leurs méthodes propres (cf. Enjeux du rite dans la modernité, RSR 78 [1990], nos 3 et 4) alors que la modernité relègue la religion dans la sphère privée. Celle-ci s’étonne donc que le christianisme propose un rapport à Dieu dans un culte public. Aujourd’hui cet étonnement se transforme d’ailleurs plus fréquemment en perte de plausibilité, l’homme contemporain ayant perdu en Occident l’évidence avec laquelle il entrait autrefois dans l’univers symbolique de la tradition rituelle du christianisme. Est-il encore homo liturgicus? Une réflexion anthropologique s’avère donc nécessaire pour comprendre la nature sociale de la liturgie dans l’Église. M.-D. Chenu l’avait fait en son temps dans « Anthropologie et liturgie » (cf. Unam sanctam, no

La tradition liturgique dans le monde postmoderne

Comment traiter du rapport entre la liturgie et l’anthropologie cinquante ans après Sacrosanctum concilium et ainsi penser la logique « plurielle » du sacrement pour que les chrétiens puissent s’y reconnaître comme fils de Dieu et frères en Christ ? L’article propose de parcourir les grandes évolutions du Mouvement liturgique et de la théologie liturgique, en montrant comment un changement paradigmatique s’est opéré ouvrant sur la perspective d’une raison théologique « plus ample et intégrale » propre à rendre compte de l’expérience rituelle chrétienne.