Message et communauté : une articulation délicate

La communion ecclésiale est d’abord partage des mêmes biens de salut. Deux dimensions se trouvent donc dessinées, celle de la communauté et celle, première, de l’adhésion de la communauté au message qui la constitue. La tradition catholique considère comme centrale l’importance d’un ministère, au service de la communauté, qui est aussi, et sans doute d’abord, un magistère, au service de l’authenticité du message. La légitimité de ce ministère/magistère est placée sous le signe de l’apostolicité. L’article envisage un certain nombre de « blocages » qui, dans l’histoire, ont pu affecter le jeu entre ces deux dimensions, dus notamment à une personnalisation, à tendances monopolistiques, du ministère comme du magistère. Il propose quelques perspectives de dépassements.

La notion d’apostolicité dans les premiers siècles

Depuis Lightfoot en 1865, la définition classique d’une apostolicité réservée aux seuls « Douze apôtres » fut remise en cause par les exégètes qui en vinrent à une position de plus en plus critique vis-à-vis de la réalité historique de cette institution et préférant, à l’instar d’Harnack, la cantonner à une pure fonction charismatique. Il est temps de réviser cette révision, pour certes proposer une extension plus grande du concept d’apôtre, mais aussi tenter de le redéfinir à la lumière du nouveau paradigme historique concernant l’histoire des premières communautés et de la prise en compte de l’histoire de sa réception par les premiers Pères de l’Église.